Vous pensez savourer une baguette française digne de ce nom ? Ralentissez. Ce que vous tenez entre les mains pourrait bien être un piège moelleux et fade, loin de la tradition qu’elle est censée incarner. Un expert incontesté du pain, Bruno Cormerais, Meilleur Ouvrier de France (MOF), tire la sonnette d’alarme : nous commettons tous la même erreur — et notre ventre le paie cher.
Une baguette digne de ce nom ne doit pas être molle
Bruno Cormerais sait de quoi il parle. Sur Instagram, accompagné de la Minoterie Bourseau, il dénonce une tendance inquiétante : la préférence croissante pour les pains blancs et pas assez cuits. Le cœur du problème ? Une baguette trop molle n’est pas une baguette française.
Le MOF insiste : la vraie baguette doit être croustillante. Sa croûte dorée et sonore n’est pas là pour faire joli. C’est elle qui libère les arômes, stimule la mastication et rend la digestion plus fluide. En optant pour du pain mal cuit, moelleux voire pâteux, vous perdez l’âme même de ce joyau boulanger français.
Le croustillant : bien plus qu’un effet de style
Pourquoi faut-il mâcher une baguette bien cuite ? Parce que c’est ainsi que le corps se prépare à la digestion. Le bruit du croquant, la résistance de la pâte… tout cela déclenche une réponse sensorielle. Chaque bouchée devient un moment de plaisir, un geste qui va au-delà de se nourrir.
La texture ferme pousse à mâcher lentement. Ce simple geste libère davantage d’arômes et facilite l’assimilation des nutriments. Et plus étonnant encore : une bonne cuisson réduit l’impact du phytate ou acide phytique, présent dans la farine, connu pour gêner l’absorption de certains minéraux.
Les dangers du pain blanc et mou
Pour Bruno Cormerais, une baguette molle n’est pas seulement une faute de goût. C’est aussi un véritable frein pour votre digestion.
- Moins mâchée, elle exige plus de travail de l’estomac.
- Moins cuite, elle contient davantage d’humidité, ce qui accélère la déperdition des saveurs.
- Pâte trop souple = assimilation rapide des sucres, ce qui peut générer une sensation de lourdeur ou un pic glycémique.
Résultat ? Une baguette blanche, molle, avalée à la va-vite devient non seulement insipide, mais carrément contre-productive pour votre bien-être.
Une autre clé du goût : le levain naturel
Autre point rarement mentionné, mais essentiel selon le MOF : le levain. Une baguette au levain n’est pas seulement meilleure au goût. Elle est aussi plus digeste. Elle conserve mieux les nutriments de la farine et aide à réduire les effets indésirables de certains composants.
Mais, encore une fois, cela ne fonctionne que si le pain est bien cuit. Une bonne croûte protège l’intérieur et permet au levain d’exprimer toute sa richesse.
Le bon réflexe à adopter
Alors, que faut-il faire pour (re)découvrir le plaisir d’une vraie baguette traditionnelle ?
- Choisir une baguette bien dorée, à la croûte craquante.
- Favoriser les artisans boulangers qui travaillent avec des farines de qualité et du levain naturel.
- Mâcher lentement, pour savourer l’arôme et déclencher une bonne digestion.
En somme, le goût ne vient pas d’un pain tiède à la mie molle. Il naît du contraste, du croustillant, de la patience. Comme le dit si bien Bruno Cormerais, la baguette française mérite d’être respectée.
Une leçon de savoir-bien-manger
Ce rappel d’un Meilleur Ouvrier de France va bien au-delà de la cuisson du pain. Il nous invite à retrouver une forme de bon sens culinaire. À revaloriser les gestes simples : choisir avec soin, prendre son temps à table, écouter ses papilles.
La prochaine fois que vous cassez une baguette entre vos mains, écoutez ce bruit sec et prometteur. Il vous dit tout : vous êtes sur le point de déguster du vrai pain.




